[Rescape-l] Justice aveugle et logiciels
Thierry Noisette
thierry at noisette.net
Sam 11 Nov 22:30:08 CET 2006
Bonjour la liste,
dans le blog de l'eurodéputé Alain Lipietz, à propos d'un procès après
une manifestation, ce passage sur la lecture de DVD seulement sous
Windows Media Player au palais de justice de Paris:
>
La défense a produit l’enregistrement du reportage de France 3 qui
montre le caractère entièrement non-violent des manifestants (...)
Cette pièce a été produite sur DVD. La juge conteste la pièce, sous
prétexte que le DVD n’a pu être lu par le Windows Media Payer des
ordinateurs du Palais de Justice ! Je souris intérieurement en pensant à
ce que mon beau-frère Rémi Rouquette, le remarquable administrativiste
du procès de mon père, aurait pu tirer d’une telle déclaration de la
Justice, officialisant en quelque sorte un monopole de service public de
Windows. Nous conseillons à la justice française de se tourner vers les
logiciels libres, par exemple VLC Media Player pour lire les DVD...
>
Article complet:
Viva Amara
Samedi 11 novembre 2006
http://lipietz.net/spip.php?breve187
La Justice française va-t-elle un de ces jours suivre l'exemple belge?
>
4000 fonctionnaires sur OpenOffice à la Justice
Olivier Fabes, DataNews, 24 Février 2006
Open Office, le concurrent "libre" de Microsoft Office, est devenu le
standard au SPF Justice. Fin de cette année, pas moins de 4000
utilisateurs auront été formés à Novell Linux Desktop et à Open Office.
(...)
http://www.fr.datanews.be/news/enterprise_computing/20060224007
>
Lecture connexe:
Projet de loi d'orientation et de programmation pour la justice
Avis n° 374 (2001-2002) de M. Hubert HAENEL, fait au nom de la
commission des finances, déposé le 24 juillet 2002
http://www.senat.fr/rap/a01-374/a01-37413.html
(...)
Au cours de sa mission dans le Haut-Rhin, votre rapporteur a constaté
que l'équipement et le développement de l'informatique des juridictions
était loin d'être satisfaisant, en particulier dans les tribunaux
d'instance.
L'équipement informatique des tribunaux d'instance
Le cas du département du Haut-Rhin
Comme l'ensemble des juridictions, les tribunaux d'instance ont été
progressivement informatisés. Ainsi, depuis la fin de l'année 2000,
toutes les juridictions disposent d'un ordinateur ayant accès à
Internet. Cependant, l'informatisation des tribunaux d'instance est loin
d'être achevée.
D'abord, certains ordinateurs sont très vétustes. Ensuite, il est
surprenant de constater que tous les postes de travail des tribunaux
d'instance ne disposent pas du logiciel de calcul Excel alors que tous
les agents sont amenés à effectuer des tableaux, à comptabiliser les
procédures et à classer un nombre important de données.
De même, il est urgent que tous les ordinateurs soient équipés du
logiciel de traitement de texte Word, beaucoup plus maniable que « Word
perfect », pourtant imposé par la Chancellerie, qui pose en outre des
problèmes de comptabilité en cas d'échange de documents, tous les
interlocuteurs des juridictions travaillant sous Word.
Par ailleurs, certaines opérations ne sont toujours pas informatisées
comme la procédure de succession ou les partages judiciaires, ce qui
ralentit considérablement les phases de traitement.
Ensuite, certains logiciels ne donnent pas entière satisfaction. Ainsi,
le logiciel « TUTI» relatif aux tutelles ne permet pas de vérifier si le
compte de gestion a été déposé. De même, le logiciel du registre du
commerce ne peut pas être lié à Excel alors qu'il est censé permettre de
tenir la comptabilité.
D'une manière plus générale, les logiciels destinés aux tribunaux
d'instance pêchent par l'impossibilité qui existe de les faire évoluer.
Ainsi, il n'est pas possible d'intervenir dans les paramètres pour les
adapter aux pratiques de chaque juridiction ou encore les adapter à une
modification de la législation en vigueur.
Les logiciels des autres juridictions que les tribunaux d'instance sont
beaucoup plus souples. En effet, ils ont été conçus par des sociétés
privées puis rachetés par la Chancellerie. Toutefois, les concepteurs
restent chargés des évolutions des logiciels. Celles-ci interviennent
donc rapidement.
Au contraire, les logiciels des tribunaux d'instance sont directement
conçus par les informaticiens de la Chancellerie. Les délais de réaction
pour effectuer les évolutions sont donc plus longs dans la mesure où il
n'y a aucun intéressement financier : ils sont réalisés lorsqu'un
arbitrage intervient en leur faveur.
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